Au centre de Pékin,
on détruit un
des derniers vestiges historiques de la capitale chinoise
A l'ouest de Wangfujing, les destructions de Hutongs sévissent à nouveau. Malgré la colère des habitants. Malgré l'intérêt historique inestimable de certains bâtiments…
Impossible de prendre des photos dans la rue. Une dizaine de gardiens, payés par le service de démolition, veillent à ce que tout se déroule sans incident. Il y a trois mois la destruction d'un hutong avait été interrompue à la suite d'un article paru dans la presse chinoise.
Les habitants assistent, dans un nuage de poussière, à la destruction lente des maisons voisines car, pour l'entreprise de démolition, les matériaux se récupèrent et peuvent être une source de profit non négligeable.
Depuis quelques semaines, les grandes artères de Pékin paraissent vides, dépouillées au nom de l'harmonie sociale de leurs immenses panneaux vantant le luxe , trop ostentatoires au goût d'un pouvoir confronté à la montée des inégalités sociales avant les jeux Olympiques.
Alors même que le Comité organisateur des JO de Pékin a promis une totale liberté pour la presse, les autorités centrales et locales renforcent le contrôle sur les médias chinois . Par exemple, la municipalité de Pingdu, dans la province du Shandong (Est), a ordonné à ses services de tout faire pour réduire au minimum les "reportages négatifs".
On assiste également à une multiplication de la censure d’œuvres intellectuelles.
Bien à vous.
.
Un jour j’irai à Pékin avec toi… !
Les Jeux olympiques et déclarations des Droits de L’Hommes
Préparations aux JO 2008 à Pékin
J’ai été séduite et mal à l’aise par le spectacle qui s’offrait à moi : 3 000 mille ans d’histoire et aujourd’hui à l’aube du 21ème : l’histoire des jeux olympiques !
Des installations ultramodernes : le stade national, surnommé le nid d’oiseau, centre aquatique national ou "cube d’eau" comme on le surnomme. Ce sont là des magnifiques exemples de sites olympiques qui montrent comment le sport et le capitalisme peut et le inspirer de l ‘architecture contemporaine. En effet, celles-ci à contribuer à la création de constructions fascinantes un peu comme New-York et quelques bâtiments staliniens.
La construction des 31 sites de compétition à Pékin progresse à une course folle.
On peut trouver des grues un peu partout, des chantiers de constructions. Tout va vite et tout fonctionne à deux courants.
A Pékin, le choix du Comité olympique international (CIO) de retenir Pékin comme organisatrice des Jeux de été salué par une foule, estimée à 200.000 personnes, qui s'est répandue dans les rues de la ville et a donné libre cours à une euphorie ponctuée de feux d'artifice aux cris de "Pékin a gagné". Aux Etats-Unis, le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher, s'est contenté d'une déclaration modérée : "Nous pensons qu'il s'agit d'une opportunité pour la Chine de se montrer sous le jour d'un pays moderne et avancé, et nous espérons qu'elle se précipitera sur cette occasion. Un plus grand respect des droits de l'homme est la caractéristique d'un pays moderne et avancé".
Pékin est une ville majeure du littoral et de l’Asie Orientale. Elle est la capitale chinoise et sera le centre du monde pour les Jeux Olympiques de 2008. C’est une ville fascinante, elle présente des témoignages des différentes civilisations chinoises comme celle de Gengis Khan, celle des Ming, celle de l’ère mandchoue ou encore celle contemporaine. Notons plusieurs centres d’intérêt :
-la place Tiananmen constituant le cœur de Pékin. Théâtre de la manifestation étudiante de 1989
-la cité interdite qui fut la maison de l’empereur pendant 5 siècles immortalisée par Tigre et Dragon.
Les préparatifs pour les Jeux olympiques d’été 2008 à Pékin ont déjà commencé.
La Chine va se trouver sous les feux de la Rampe, sous les projecteurs dans les quatre années qui vont précéder 2008, De graves atteintes aux droits fondamentaux des personnes se produisent chaque jour en Chine. Ce coup de projecteur doit servir à mettre un terme à ces abus et à permettre que soit respecté l’engagement de «préserver la dignité humaine» inscrit dans la Charte olympique.»
Après l’attribution des Jeux à Pékin en 2001, les responsables olympiques et chinois ont déclaré que la situation des droits humains en Chine allait s’améliorer, la Chine devenant pays hôte des Jeux olympiques. Si beaucoup comptent sur les valeurs olympiques pour réformer le pays, les exemples actuels montrent que peu de progrès ont été réalisés en matière de droits humains. Les exécutions publiques, et les freins à la liberté d’expression sont encore une triste réalité.
Complémentd’information
Domaines des droits humains dans lesquels une amélioration est nécessaire de toute urgence en Chine : la peine de mort : la Chine continue d’exécuter plus de personnes chaque année que l’ensemble des autres pays. Un député du sud-ouest de la Chine a récemment déclaré que la Chine exécute «presque 10000» personnes par an.
La «rééducation par le travail» : plus de 250000 personnes sont détenues en Chine dans des camps de travail, sur la base de charges aux motifs pas claire, sans avoir jamais pu consulter d’avocat, sans jamais avoir été jugées et sans aucune forme de contrôle judiciaire. Amnesty International lance un appel pour que la «rééducation par le travail» soit abolie immédiatement.
La torture : la torture est généralisée en Chine et pour ceux qui passent par le système judiciaire, la probabilité est grande qu’ils subissent, à un moment ou à un autre, des actes de torture ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants. Amnesty International appelle le gouvernement chinois à coopérer pleinement avec le rapporteur spécial (des Nations unies) sur la torture et à mettre en œuvre d’urgence toutes les recommandations qui ont été faites.
La veille du 17e anniversaire du massacre de la place Tiananmen, le 4
juin 1989, la situation des droits de l'homme en Chine reste intolérante. Ces
Jeux olympiques de Pékin risquent de se dérouler dans un climat de
répression et de censure, même si les autorités chinoises promettent une fête de la liberté. La Chine populaire a connu, au cours des deux dernières décennies, des changements considérables. Mais le Parti communiste chinois n'a pas renoncé à son emprise sur le pouvoir et les voix dissidentes sont toujours réprimées.
La Chine. Comment témoigner de cette histoire sans parler des morts qui parsèment le chemin parcouru ces cinquante dernières années ? Comment regarder Pékin et ses monuments sans rendre hommage aux étudiants tués sur la place Tiananmen ?
Jamais Pékin n'a exprimé le moindre regret concernant le massacre de civils réclamant la démocratie. Mais les autorités chinoises vous ont-elles garanti que les droits de l'homme seraient respectés pendant les Jeux ? Récemment, le gouvernement a censuré des stars internationales, comme les Rolling Stones, et les œuvres d'art contemporaines de Gao Qiang et de Huang Rui. Un autre artiste, Wu Wenjian, a passé huit ans en prison pour avoir manifesté en faveur de réformes démocratiques en 1989. En Chine, les « gens aiment oublier », a-t-il récemment rappelé, mais le rôle des artistes est d'empêcher ces oublis. Même lorsqu'on nous en empêche".
Exécutions publiques
En 2004, la Chine était responsable de l’exécution d’au moins 3400 personnes selon Amnesty International, chiffre estimé en réalité à près de dix mille par an. De plus, le pays est réputé pour mettre en scène des cérémonies d’exécutions publiques dans des stades ou d’autres lieux publics. Mark Dolley, responsable de la communication pour les Jeux au CIO à Lausanne, explique que l’organisation a abordé cette question avec les autorités chinoises et que, «depuis l’attribution des JO à Pékin, les exécutions ne se passent plus dans des stades». Cette information est réjouissante, et les experts confirment que les annonces officielles d’exécutions publiques se sont raréfiées ces dernières années. Cependant, les rapports des autorités sont une des seules sources d’information. «Quelles que soient les déclarations officielles de la Chine sur les exécutions publiques, et même si c’était vrai que les exécutions menées publiquement ont diminué depuis l’attribution des JO, les exécutions continuent d’être pratiquées en grand nombre, aussi bien en public qu’en secret», explique Harry Wu, dissident chinois et directeur de la Laogai Research Foundation à Washington
Course d’école morbide
Amnesty International a par ailleurs rapporté l’exécution publique de six personnes en septembre 2004 devant 2500 spectateurs, dont plusieurs centaines d’écoliers en course d’école. La peine capitale n’a pas été appliquée dans un stade, mais dans un gymnase sportif de la province de Changsha. L’agence Keystone dispose également de photos, prises en 2002, d’un procès public dans un stade, au cours duquel cinq personnes ont été condamnées à l’exécution immédiate.
Tout ceci permet de douter de la fiabilité des déclarations officielles, et du lien intrinsèque entre les JO et l’amélioration réelle de la situation. Il y a quelques mois, le gouvernement a d’ailleurs lancé un appel d’offre, sous le slogan «De nouveaux Jeux, un nouveau Pékin – Une chance pour la Chine et pour le monde», afin de financer… une nouvelle chambre d’exécution.
Suite à la construction du barrage des Trois Gorges et lors des opérations «d’assainissement» des grandes villes, plus de 3,6 millions de Chinois ont été délogés depuis 1990, selon un rapport de l’organisation COHRE (Centre on Housing Rights and Evictions) basée à Genève. Cependant, selon ce même rapport, la construction des infrastructures des JO a accéléré le phénomène: plus de quatre cent mille personnes auraient jusqu’à présent été évincées de Pékin et relogées à l’extérieur de la ville. Elles vivaient en grande majorité dans les Hutong, les quartiers traditionnels de la capitale. «Les compensations sont trop faibles, les personnes sont relogées dans des cités satellites à des dizaines de kilomètres de leur lieu de travail, explique Nathalie Mivelaz, coordinatrice du COHRE. Les garanties procédurales du droit international ne sont pas respectées et nous avons eu connaissance de plusieurs cas de personnes qui se sont suicidées devant leur maison alors qu’elle était détruite.» Pour sa part, le bureau principal des grands travaux des JO à Pékin annonce que seules six mille familles ont été affectées par les travaux. Au CIO, on explique que «lors de la construction des stades, une attention particulière est portée sur une consultation qui soit suffisante. D’ailleurs, les personnes déplacées habitent maintenant dans de bien meilleures conditions.»
Le bureau d’architectes bâlois Herzog et de Meuron est responsable de la construction du fameux stade national, principal bâtiment des Jeux, capable d’accueillir plus de cent mille spectateurs. Pour eux, les évictions forcées ne sont que des rumeurs non confirmées, et au moment de leur première visite sur le site situé à quelques kilomètres au nord de Tiananmen, ils ont trouvé un terrain vague. « Il n’y a pas de terrains vagues en Chine, explique Corinna Barbara, experte pour la Chine au Secrétariat international d’Amnesty à Londres. Il existe soit des exploitations agricoles, soit des constructions. Le fait qu’ils aient trouvé un terrain vague ne signifie pas qu’il l’a toujours été, et on peut se demander ce qu’il y avait avant à cet endroit.»
La Chine est à la pointe de cette charge contre la liberté d’expression sur Internet. Dans ce pays, il est devenu difficile de publier des informations politiques sur des forums de discussion, des blogs ou des sites web. Les autorités sont parvenues à instaurer un système de censure qui, s’il n’est pas absolument incontournable, écarte l’immense majorité des internautes de toute information "subversive", c’est-à-dire abordant des thèmes tels que la démocratie, les droits de l’homme, l’indépendance du Tibet ou de Taïwan. Le gouvernement de Pékin réprime durement ceux qui s’écartent de la voie officielle : à ce jour, 48 "cyberdissidents" sont emprisonnés dans ce pays.
Les autorités chinoises utilisent un savant dosage de propagande, de désinformation et de répression pour étouffer la liberté d’expression sur le Net. Si les prémices de l’Internet avaient pu faire rêver à l’émergence d’un média sans contrôle, qui aiderait à la libéralisation du pays, force est de constater que ces espoirs sont aujourd’hui déçus. L’exemple chinois a brisé un certain nombre d’idées reçues : Internet peut devenir un média de propagande sans commune mesure ; Internet peut être totalement contrôlé par le pouvoir si celui-ci s’en donne les moyens ; Internet ne peut à lui seul soutenir de manière significative l’émergence de la démocratie.
Bon nombre d’internautes chinois sont extrêmement inventifs et disposent de connaissances techniques leurs permettant de déjouer la censure de Pékin. Mais le renforcement des mesures de filtrage, depuis début rendu beaucoup plus difficile l’accès à une information indépendante. La mobilisation des dissidents en exil est quant à elle de plus en plus active et efficace. Ils participent à l’élaboration d’outils pour déjouer les firewalls chinois et tentent de faire pression sur les gouvernements des pays où ils résident. Pourtant, entre l’hypocrisie des Etats occidentaux, avides de s’associer à la puissance économique croissante de la Chine, et les moyens financiers importants mis en œuvre par les autorités du pays pour traquer la dissidence, la tâche de ces défenseurs de la liberté d’expression s’annonce difficile.
Avec près de 80 millions d’utilisateurs, la Chine est désormais le deuxième pays du monde en nombre d’internautes. Certes, ce chiffre peut sembler faible au regard de la population totale du pays, mais il a doublé en dix-huit mois. A ce rythme, le pays sera dans quelques années l’acteur dominant du monde de l’Internet.
Pékin réprime, mais donne aussi des gages de bonne volonté à la communauté internationale. La Constitution chinoise a intégré, en mars 2004, le " respect et la garantie des droits de l’homme ". Le même mois, les autorités ont publié un livre blanc pour défendre leur politique dans le domaine. Ces bonnes intentions sont assorties de quelques actions concrètes et médiatisées. Liu Di, une étudiante emprisonnée pendant un an sans procès pour des textes publiés sur Internet, a notamment été libérée fin novembre 2003. Très connue en Chine et à l’étranger, elle était devenue l’emblème de l’arbitraire de la justice chinoise. De même, la plupart des cyberdissidents, qui attendaient depuis des années d’être jugés, l’ont été en 2003. Ils ont certes été condamnés à des peines de prison pour le simple exercice de leur liberté d’expression. Mais les procès de ces dissidents révèlent une volonté de légaliser leur situation, ce qui peut être considéré comme un point positif.
Les autorités chinoises se servent efficacement du Réseau comme d’un vecteur de propagande. Les organes d’Etat sont désormais extrêmement puissants sur la Toile. www.xinhuanet.com, le site de l’agence de presse officielle, et la version en ligne du quotidien China Daily, www.chinadaily.com.cn, qui diffusent une information entièrement contrôlée par le Parti communiste, totalisent des millions de visites par jour.
En décembre 2003, le ministre des Affaires étrangères, Li Zhaoxing, a été le premier officiel à accepter de participer à un " chat ", c’est-à-dire dialoguer en direct avec les internautes. Si ce type de pratique est encore peu développé, il démontre toutefois une volonté des hommes politiques de tirer parti au mieux des possibilités nouvelles offertes par ce média.
Le gouvernement utilise également le Net pour mettre en avant sa position sur certains sujets sensibles. Il a notamment créé de très nombreux sites d’information sur le Tibet, comme www.tibetinfo.com.cn ou www.tibetology.com.cn, qui lui servent de relais pour légitimer son contrôle sur la région. Les versions anglaises de ces sites mettent l’accent sur les conditions de vie au Tibet, insistant sur le respect des droits de l’homme par le pouvoir central. Ces publications sont destinées à modeler l’opinion publique chinoise, mais elles visent également à calmer les critiques venues de l’étranger.
Si le régime censure largement les forums de discussion, il sait aussi les utiliser à son profit. Ces espaces de discussion sont par exemple manipulés pour renforcer le sentiment nationaliste dans les périodes de crise. Les autorités laissent se développer des propos extrêmement violents, notamment à l’encontre du Japon et des Etats-Unis, canalisant ainsi les mécontentements vers des cibles extérieures.
Enfin, les autorités médiatisent leur répression à l’encontre des cyberdissidents et leur capacité à surveiller la Toile. L’arsenal technologique chinois est certes performant et la cyberpolice pléthorique. Néanmoins, un contrôle absolu des communications électroniques reste impossible. La solution la plus efficace pour museler la liberté d’expression reste de pousser les internautes à l’autocensure, en faisant croire à l’omniscience du Régime. 61 personnes incarcérées pour s’être exprimées sur Internet, c’est en définitive assez peu au regard du nombre de prisonniers politiques et de conscience du pays. Mais, amplement médiatisées, ces arrestations sont suffisantes pour faire peur et faire taire.
Les forums de discussion sont largement utilisés par les internautes chinois pour débattre de sujets de société. C’est là que les scandales éclatent et que les contestations se cristallisent. " L’affaire de la BMW " en est un exemple frappant. En octobre 2003, une paysanne a été tuée par un chauffard roulant en BMW. Lors se son procès, la conductrice n’a écopé que d’une amende très légère. Ce jugement a provoqué une immense vague de mécontentement. Des centaines de milliers de messages ont été postés en ligne pour dénoncer le système judiciaire du pays, au point de faire peur au gouvernement qui a pris une série de mesures pour empêcher ce genre de mouvement protestataire d’émerger sur la Toile.
En février 2004, le pouvoir a émis des directives visant à interdire les sujets sensibles sur les forums de discussion des grands portails chinois (sohu.com, sina.com, etc.). La plupart des espaces de discussion politisés ont ainsi été fermés et les modérateurs (ban zhu) ont redoublé d’ardeur pour censurer les débats. Quelques semaines plus tard, les autorités ont décidé de rendre inaccessibles la plupart des blogs, ces minisites personnels qui permettaient à des dizaines de milliers de Chinois de publier leurs commentaires sur l’actualité.
Enfin, Pékin a accéléré son programme de fermeture des petits cybercafés. Parce que difficilement contrôlables, ces derniers vont désormais passer sous la tutelle de quelques grandes chaînes de magasins étroitement liées à l’Etat et contraintes d’installer des systèmes de surveillance standardisés. En Chine, parler politique sur Internet relève aujourd’hui de la gageure.
La censure chinoise, comment ça marche ?
L’architecture du Réseau chinois a été conçue dès l’origine pour permettre le contrôle de l’information. Il n’existe que cinq backbones, c’est-à-dire cinq points par lesquels passe l’ensemble du trafic. Quel que soit le fournisseur d’accès utilisé par l’internaute, ses e-mails et les documents qu’il télécharge transitent nécessairement par ces nœuds de connexion.
La Chine a ensuite acquis des technologies et du matériel de pointe auprès d’entreprises américaines. Cisco Systems a ainsi vendu plusieurs milliers de routeurs, à plus de 16 000 euros pièce, pour constituer l’infrastructure de surveillance du régime. Ce matériel a été paramétré avec l’aide des ingénieurs Cisco. Il permet de lire les informations transmises sur le Réseau et de repérer des mots clés " subversifs ". La police a les moyens de savoir qui consulte des sites prohibés ou envoie des courriers électroniques " dangereux ".
Les autorités ont mis en place un filtrage efficace de la Toile. Le spectre de la censure est extrêmement large, allant de sites d’information à des publications sur les minorités ethniques, en passant par la pornographie, le mouvement spirituel Falungong ou les droits de l’homme. Selon une étude menée par le Berkman Center for Internet & Society, la Chine bloque plusieurs centaines de milliers de sites. Certains sont bloqués par leur adresse IP, d’autres par leur nom de domaine, mais des méthodes plus subtiles sont également apparues. Pékin pratique maintenant le détournement de DNS (DNS highjacking), une méthode qui permet, lorsqu’un internaute cherche à consulter un site interdit, de le rediriger vers un autre site, ou vers une adresse invalide. Ce type de censure est difficile à déceler par l’utilisateur, qui croit erronée l’adresse tapée. Les autorités parviennent également à censurer directement les moteurs de recherche. Pour Yahoo !, la tâche est aisée puisque celui-ci a accepté de se plier à la demande du gouvernement. Cependant, d’après Benjamin Edelman, spécialiste des techniques de filtrage du Web, le moteur de recherche Google est lui aussi contrôlé, contre son gré, par le pouvoir. Le blocage pur et simple de cet outil, tenté en 2002, s’est avéré difficile tant il est essentiel au fonctionnement du Net. La Chine a donc réussi à bloquer ses résultats de recherche, excluant les thèmes controversés. A présent, une recherche Google sur le terme Falungong entraîne soit un blocage temporaire de la connexion de l’internaute, soit ne donne aucun résultat.
Certains utilisateurs du Net chinois parviennent à contourner cette censure, en utilisant par exemple des relais proxies, c’est-à-dire en se
La Chine, plus grande prison du monde pour les cyberdissidents
La Chine a arrêté deux cyberdissidents entre mai 2003 et mai 2004. Quatre autres ont été libérés au cours de la même période.
Au 1er mai 2004, 61 personnes sont néanmoins toujours emprisonnées pour avoir publié sur Internet des textes jugés subversifs. 17 de ces internautes ont été condamnés, depuis mai 2003, à des peines allant jusqu’à 14 ans de prison. Les tribunaux ont continué de se livrer à des parodies de procès, bafouant sans vergogne les droits de la défense. Les voix d’intellectuels chinois, comme Liu Xiaobo, se sont élevées contre l’iniquité de la justice. Ce dernier a notamment critiqué l’utilisation abusive de l’article 105 du code pénal, qui prévoit des peines de prison pour " subversion " à l’encontre des cyberdissidents qui se sont déclarés en faveur de la démocratie.
Le combat pour la liberté d’expression s’est aujourd’hui largement déplacé en ligne. Internet est un moyen d’expression privilégié pour les militants démocrates et les journalistes un peu partout dans le monde. Il permet par ailleurs aux populations d’accéder à une information moins censurée que les médias traditionnels.
Toutefois depuis plusieurs années les gouvernements autoritaires mettent en œuvre des moyens de plus en plus importants pour contrôler le Réseau. Ils utilisent notamment des technologies de plus en plus sophistiquées de filtrage du Net et de surveillance des communications électroniques. Leur objectif est d’évacuer de la Toile tout contenu critique de leur pouvoir, et de traquer tous ceux, journalistes ou simples internautes, qui utilisent Internet pour diffuser une information indépendante.
La Chine est à la pointe de cette charge contre la liberté d’expression sur Internet. Dans ce pays, il est devenu difficile de publier des informations politiques sur des forums de discussion, des blogs ou des sites web. Les autorités sont parvenues à instaurer un système de censure qui, s’il n’est pas absolument incontournable, écarte l’immense majorité des internautes de toute information "subversive", c’est-à-dire abordant des thèmes tels que la démocratie, les droits de l’homme, l’indépendance du Tibet ou de Taïwan. Le gouvernement de Pékin réprime durement ceux qui s’écartent de la voie officielle : à ce jour, 48 "cyberdissidents" sont emprisonnés dans ce pays.
Celui-ci n’est toutefois pas le seul à avoir mis en place une politique extrêmement répressive à l’encontre d’Internet. Au moins quatorze autres pays peuvent être considérés comme des ennemis de la liberté d’expression sur Internet : l’Arabie saoudite, le Bélarus, la Birmanie, la Corée du Nord, Cuba, l’Iran, la Libye, les Maldives, le Népal, l’Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Turkménistan, le Viêt-Nam. Et d’autres Etats semblent sur le point de mettre en place le même type de politique liberticide.
L’ensemble des pays démocratiques sont concernés par ce combat pour la liberté d’expression en ligne. Tout d’abord parce qu’Internet est un Réseau international, dont la censure et les dysfonctionnements nous affectent tous. Ainsi, défendre la liberté d’un internaute chinois ou cubain, c’est aussi défendre notre propre droit à communiquer. Surtout, ce combat nous concerne parce que ce sont des entreprises basées dans nos démocraties qui ont donné à ces pays les moyens de censurer la Toile et de surveiller les communications électroniques."Le gouvernement de Pékin semble se moquer ouvertement de ce dialogue soi-disant constructif. Il a continué de réduire des espaces d'expression et d'arrêter des centaines de Chinois alors même que les représentants européens étaient dans la capitale chinoise," a déclaré l'organisation.
Le 23 septembre, la version en chinois de Wikipedia, une encyclopédie en ligne fonctionnant grâce aux contributions des internautes, a été rendue inaccessible. Wikipedia regroupe de nombreux articles sur les atteintes aux droits de l'homme en Chine. Le site a déjà été bloqué à de nombreuses reprises par Pékin.
Le 13 septembre, Yi Ta Hu Tu, l'un des forums de discussion les plus populaires de Chine, a été fermé par le gouvernement. Cet outil avait été créé en septembre 1999 par un étudiant de l'université de Pékin et comptait près de 300 000 utilisateurs. Des sujets de discussion sensibles, comme la corruption, les droits de l'homme ou l'indépendance de Taïwan, y étaient régulièrement abordés. Le forum fonctionnait sur un mode démocratique - les thèmes étaient choisis par un vote des utilisateurs - sans l'intervention de modérateurs. Il était alors très difficile à contrôler pour les autorités.
Le 17 septembre, des agents des services secrets ont arrêté le journaliste Zhao Yan dans un restaurant de Shanghai après l'avoir localisé grâce à son téléphone portable. Quatre jours plus tard, sa famille a reçu un avis de la police annonçant qu'il était accusé d'avoir "fourni des secrets d'Etat à des étrangers". Selon son avocat, qui n'a pas été autorisé à lui rendre visite, Zhao Yan serait détenu à Pékin et pourrait être inculpé de "trahison". Il risquerait alors la peine de mort. Les autorités semblent soupçonner Zhao Yan, récemment recruté par le bureau de Pékin du quotidien américain "New York Times", d'avoir fourni des informations sur le départ de l'ancien président Jiang Zemin du poste de président de la Commission centrale militaire. Le "New York Times" avait publié un article sur le sujet le 7 septembre, douze jours avant l'annonce officielle (consulter l'alerte de l'IFEX du 27 septembre 2004).
Le quotidien américain a démenti que Zhao Yan ait été la source de cet article. Selon la responsable du service étranger, Susan Chira, il est employé comme chercheur et non pas comme journaliste. Elle a déclaré à RSF que la direction du quotidien espère que "le journaliste sera autorisé à voir son avocat". Ancien reporter du magazine "La Réforme en Chine", Zhao Yan est connu pour ses reportages sur la situation des paysans en Chine populaire.
RSF demande la libération immédiate de Zhao Yan. L'organisation rappelle qu'un autre journaliste, Wu Shishen, est détenu depuis 1992 pour avoir "divulgué illégalement des secrets d'Etat à des étrangers". Il a été condamné à la prison à vie sur ordre direct de Jiang Zemin. Il avait transmis à un journaliste de Hong Kong une copie du discours que le chef d'Etat devait prononcer devant le Congrès du Parti communiste.
Enfin, la presse chinoise a passé sous silence les manifestations et les arrestations de centaines de pétitionnaires à Pékin qui souhaitaient se faire entendre des autorités réunies en septembre au sein du plénum du Comité central du Parti communiste. Des journalistes étrangers ont également été empêchés de couvrir ces événements. Dans l'impossibilité de s'exprimer librement dans les médias, des centaines, voire des milliers de Chinois sont venus de toutes les provinces du pays pour présenter leurs griefs. Le 24 septembre, un pétitionnaire originaire de la province du Xinjiang (Ouest) a été tué dans des circonstances mystérieuses à Pékin. Il était venu dans la capitale se plaindre des abus des autorités à l'encontre des Ouïghours, ethnie musulmane réprimée par le Parti communiste
Ce voyage fin mars 2007 à Pékin m’a donné encore plus de force pour croire en l’HOMME et de dénoncer et de crier : « Liberté d’expression ! »
Pour conclure, il me semble déplacé de décrire Pékin, pour cela le guide du routard ainsi que les beaux livres touristiques de photos que l’on peut se procurer dans d’importe quelle bibliothèque municipale peuvent donner un aperçu d’un des plus beau patrimoine sur terre. Une richesse, une esthétique fidèle à la pensée dictée par un contexte que vous connaissez.
Bref, ce qui m’a marqué le plus dans ce voyage c’est la liberté de penser….
Bien à vous !
Le petit Chaperon raides et autres contes
d'après
Anissa Berkani-Rohmer
SOMMAIRE
Chapitre. 0 Le Petit Chaperon-Raide
Chapitre. 1 Hansoul et Gras-Double
Chapitre. 2 Le Dégueu petit coin-coin
Chapitre. 3 La petite pompe de Grillon
Chapitre. 4 La mome aux tiges à feu
Chapitre. 5 Merloun l’arnaqueur
Chapitre. 6 Les trois petits chébrans
Chapitre. 7 Le Bouquin de la vie
Chapitre. 0
Le Petit Chaperon-Raide.
Assez-vous confortablement tout en dégustant une kro et écoutez bien attentivement la touchante histoire du petit Chaperon-Raide :
Le petit Chaperon-Raide était confortablement installé au seuil de la porte quand soudain sa vieille l’interpella :
- Tiens prends ce panier de bouffe et amène-le chez la mémé !
- Maman je peux prendre la turbo ? J’irai vachement plus vite ! Puis c’est cool, pendant le trajet je pourrais me foutre de la zique plein la caisse…
- Prends-là, mais fais gaffe à cette bande de nuls sur la route, ils n’ont vraiment pas de feeling envers les étrangers de ce conté.
Le laser à plein pot sur la route prenait les tripes du petit chaperon-raide. Elle était tellement branchée sur la zique qu’elle eut envie de s’arrêter dans la zone clairière.
Une voix cassa tout, elle se retourna pour faire face à une bande de petits loubards.
Les loubards :
- Elle est d’enfer ta caisse, qu’est-ce que tu fous içi ?
- Le petit chaperon-Raide :
- Je trimballe un panier de bouffe pour ma mémé qui est vraiment naze.
- Les loubards :
- T’es nulos de gâcher ta journée pour aller voir la vieille, mais c’est sympa. Si tu veux, tu nous dis où elle crèche et on y go avec la bouffe.
Le petit chaperon-raide reprit de nouveau sa route puis par malchance creva.
Pendant ce temps-là, les loulous se mirent à gueuler devant la baraque de mémé :
- A la mailloche !, à la mailloche… ! ! ! !
La porte de la bicoque s’ouvrit et mémé trouva ces répliques de mauvais goût.
Elle s’écria :
- Bande d’enfoirés ! Z’ etes vraiment pas géants pour un sou. Cassez-vous ou je vous sonne vos tiroirs caisses à coups de pompes !, bande de paumés… !
Les loulous :
- Laisse béton, les keums, elle est câblée, elle est trop cool, on se tire.
Morale :
Vachement contente de ne pas avoir été embobinée, mémé prépara un jus pour l’arrivée de sa petite fille
Chapitre. 1
Hansoul et Gras-Double.
A l’orée d’un bois, se dressait une petite chaumière.
Des vois s’échappaient de la demeure pour recouvrir la nuit noire.
Quand soudain, un hibou fut dérangé dans son sommeil par le dialogue bruyant de deux petits moutards qui vivaient dans la maisonnette. Hansoul et Gras-Double.
Leurs cris devenaient de plus en plus hystériques.
Même le loup partit vite fait, la queue entre ses pattes quand il entendit Hansoul :
- Et crotte, y’a plus rien à croûter dans cette baraque…
Les mains sur les hanches, Gras-Double lança :
- Doit y avoir un retard avec les alloc. Niète, rien, wallou…
J’ai plus une tune. Au fait, et le paternel ?
- Laisse béton, les vieux ne se sont pas occupée de remplir les formulaires de la CAF, alors pour pouvoir bouffer, tu peux toujours repasser…
- Viens tirons-nous d’ici, y’a une casse pas très loin qui vient d’être aménagée.
- Tu te la racontes ? Là-bas dans la foret ? Mais y a rien !
- Ecrase, tu veux ! pense plutôt à des bombecks, des gâteaux, à plein de bonnes choses. La dernière fois que j’ai vu Guitou, il m’a parlé de la vieille qui allait habiter la casse. Et tu sais quoi, ce qu’elle lui a dit .
- Ben vas-y, fais pas style…
- Elle l’a invité chez elle et lui a proposé
- de bons trucs à becter…
Les deux garnements, la faim au ventre, coururent à l’intérieur de la foret. Des petites lumières scintillaient :
- Y a quinquin… Y a quinquin… ?